« On pourrait reconnaître aisément cette vérité à peine entrevue par le penseur, que, depuis l’huître jusqu’à l’aigle, depuis le porc jusqu’au tigre, tous les animaux sont dans l’homme et que chacun d’eux est dans un homme. »

Victor Hugo, Les Misérables

Résumé : 

Un shih tzu devient l’objet des plus folles convoitises. Un Maine Coon -réel ou imaginaire – vient torturer une odieuse bibliothécaire. On dit souvent de nos proches compagnons qu’il ne leur manque que la parole, tant leur intelligence nous semble vive. Anthropomorphisme ou réalité ? D’autres animaux moins proches de nous -un caméléon, des fourmis ou encore un âne – nous tendent un étrange miroir et leur reflet n’est pas si éloigné du nôtre.
Dans ce quatrième recueil de nouvelles, Véronique Théry nous livre sa vision de la société à travers le lien qui unit l’homme aux animaux.

 

On trouve, dans ce recueil, des sujets graves (le sort des migrants, l’enfance en danger, Alzheimer, l’obésité, la chasse…)

 

et des nouvelles « feel good », qui vous feront hurler de rire.

 

 

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Avis de lecteurs :

Valérie r

« A la lecture de ces nouvelles on se demande parfois qui est l’homme, qui est l’animal. Ce qui est sûr, c’est que l’auteur manie l’art de la chute avec talent, ce qui est essentiel pour des nouvelles ; qu’elle y mêle un soupçon d’humour et beaucoup de sensibilité. »

Carine G 
« Ces petites histoires ne laissent pas indifférent : elles sont plaisantes, certaines sont touchantes quand d’autres font sourire. Dans tous les cas, les relations entre toutes ces bêtes et les hommes font réfléchir et vous aurez vous aussi certainement votre histoire préférée parmi toutes ces petites histoires surprenantes. »
 
Caroline F 
« Une approche inattendue de la condition humaine, mais toujours avec ce qui caractérise Véronique : des mots choisis et justes, des chutes surprenantes qui donnent envie de lire encore Véronique…car au delà de tout on aime sa sensibilité. »

Laurent L 
« Un recueil de nouvelles très agréable à lire, très bien écrit, et qui laisse à penser sur la condition des êtres humains, des animaux, avec de l’humour et de la légèreté aussi! Bref j’ai adoré ! »
 
Patricia L 
« J’ai adoré ces nouvelles qui reflètent les problèmes d’une société où les humains auraient beaucoup à apprendre des animaux.
J’ai apprécié tout particulièrement les chutes qui surprennent très agréablement. »

Marie-Claude J 
« Une superbe étude de la société où souvent les animaux sont bien plus humains que les humains eux-mêmes ! Un style concis, incisif ! Et toujours un effet de surprise ! J’ai adoré, comme toutes les nouvelles publiées par cet auteur !… »

Découvrez quatre extraits :

– L’éléphantome

– Camille

– La baleine

– L’ours

« L’éléphantome » : Un animal enchaîné par les hommes pour leur « bon plaisir », on en a tous croisé au hasard d’une rue, lors d’une fête communale, ou vu à la télévision. C’est en Thaïlande que notre famille de touristes s’émerveille devant un éléphant dressé. S’émerveille vraiment ?

« Le dumbo enchaîné est si drôle à regarder. Sa grosse bonne tête dodeline lentement, comme s’il saluait ses visiteurs. A quelques centaines de mètres, dans un enclos, ses cousins se livrent à une partie de ballon pour la plus grande joie d’autres voyageurs. Ces derniers attendent leur tour pour poser près du pachyderme, espérant bientôt se hisser dans la nacelle, rêvant déjà à leurs clichés qui feront pâlir le teint déjà blafard de leurs potes restés dans la grisaille métropole.

Quels souvenirs merveilleux se forgent-ils ! C’est si beau la Thaïlande ! Les temples, les forêts, des paysages à couper le souffle. La gentillesse des gens. Leurs sourires ! Leurs regards ! La nourriture si délicieuse ! Marc est heureux d’avoir choisi ce pays. C’est important de faire découvrir à Léna d’autres cultures. Il veut faire d’elle une personne ouverte, tolérante, cultivée. Il sourit en la voyant s’extasier devant l’éléphant ridé. A nouveau, il appuie frénétiquement sur le bouton « on » de son appareil. »

Le regard vide de l’animal ! Soudain, ça le frappe comme une claque. Il se souvient tout à coup. Il est gosse et il erre dans la ménagerie d’un cirque installé dans son village. Et comme ses amis avant lui, il cherche l’enclos de l’attraction. Un éléphant ! » (…)

Et, soudain, dans ce regard-là, il voit les souvenirs de l’éléphant prisonnier. La traque. La mort de sa mère. La cage étroite. Les coups de bullhook, un marteau à pointe qui taillade encore et encore. Les liens qui l’empêchent de bouger. En Thaïlande, on croit qu’il est possible de séparer l’esprit d’un éléphant de son corps. Alors, on le torture chaque jour, chaque heure. On tue tout esprit de résistance. Tout rêve. Tout espoir. Toute vie. Devant lui, c’est un éléphant mort qui déplace la nacelle pour les yeux des touristes. Alors, Marc se précipite et arrache sa fille des bras de sa mère. Il les emmène loin. Loin, très loin, de l’éléphant mort qui continue de bouger son pauvre gros corps pour les cœurs morts des touristes bronzés. »

« Camille » : Découvrez dans cette nouvelle la symbolique du héron…

« Camille avançait sur le sentier plus lentement encore que lors de ses précédentes incursions dans cet univers sauvage et calme. Son âme tourmentée semblait gagner, à chaque pas, un peu de sérénité. L’air frais rendait son corps plus vivant et lui faisait, un temps, oublier sa peine. Ses poumons aspiraient la nature et sa poitrine se gonflait soudain de l’existence furieuse de ce qui l’entourait. Tout, dans cette forêt, lui paraissait admirable. Les arbres puissants semblaient lui transmettre leur sève chaque fois que sa main se posait sur les troncs. Les couronnes de feuilles l’abritaient mieux encore que le ventre maternel. Peut-être serait-ce cela sa mort. Un retour au cocon protecteur : douceur et chaleur humides. Se dissoudre lentement, glisser dans la terre, redevenir humus et surtout ne pas renaître !

Échapper à son existence ! Voilà à quoi il aspirait. Parce qu’elle ne lui avait jamais vraiment appartenu. Ironie du destin ! Quand tout son corps d’homme hurlait sa condition féminine, seul son prénom le trahissait. Un prénom de femme et d’homme. Camille, un petit garçon qui se rêvait fille. Camille, un homme qui se voulait femme. Son corps et son âme étaient semblables à cet arbre-là, devant lui. Les deux tiers du tronc disparaissaient sous les eaux calmes de la mare, tandis que la partie émergée pourrissait lentement. Chez lui, c’est l’ensemble de son être qui se gangrenait. Le vernis viril craquait de partout, comme s’effritait l’écorce malade du peuplier. »

 

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« La baleine » : Cette nouvelle est une réécriture d’une nouvelle antérieure. Elle évoque deux sujets : l’obésité et les S.D.F. Elle a été écrite en hommage à une femme que beaucoup considéraient simplement comme étant « la grosse », ignorant que ce qui était énorme, chez elle, c’était d’abord son cœur.

Extrait : « La baleine »

« (…) Elle avance les yeux baissés, pour ne pas les voir. Ce n’est déjà pas facile de les entendre ! Ça, même si elle se force, elle n’y parvient pas. Elle ne parvient pas à arrêter leurs mots. Pourtant, elle essaye. De toutes ses forces. Elle se récite des vers. Ceux de Verhaeren, qu’elle aime tant. Elle tend à se perdre dans les labyrinthes de ses villes tentaculaires, parce qu’ici, dans son village, c’est elle qui ne respire plus, perdue, dans ces rues.

Pourtant, elle les connaît ! Elle les emprunte depuis qu’elle est gamine. Trottinant près de sa grand-mère. Celle qui lui a appris à aimer la poésie.

Ici, plus de poésie ! Seulement des mots ! Qui claquent. Qui frappent. Qui la piétinent. Ces maux qui la brisent, chaque jour, un peu plus.

Deux mots honnis. La grosse !

La grosse, c’est elle. L’obèse ! La baleine ! Que n’a-t-elle entendu ? (…) »

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« L’ours » Cette nouvelle est consacrée à la rencontre entre Georges, le routier, et Souleymane, un migrant. Rencontre entre deux mondes ? Rencontre entre deux hommes pas si différents…

Extrait : « L’ours» 

« Georges est fatigué. Cette route qui n’en finit pas. Ces kilomètres qu’il parcourt, chaque jour, indéfiniment. L’enfer, ce n’est pas seulement les autres. L’enfer, ce sont ces milliers de kilomètres qu’il faut supporter, et qui reviennent, tels des rochers de Sisyphe. Il les avale jusqu’à la nausée. Sa bouche est sèche et sa bouteille d’eau minérale n’étanchera pas sa soif, pas plus que sa nuit de sommeil ne lui permettra d’éteindre sa fatigue.

Il est épuisé. De tout. De ce métier, qu’il a choisi parce qu’il fallait manger et les faire manger. Il a cru le slogan de sa jeunesse, que routier, c’est sympa. Mais, il sait, lui, que ça ne l’est pas. Peut-être qu’avant, c’était bien. Il se souvient vaguement des récits de l’oncle Arthur, ses histoires de potes de la route, cette solidarité qui existait entre les cibistes, les maillons humains d’une chaîne… Tout ça, c’est fini. Il se souvient qu’il lui fallait un travail et que, puisqu’à l’armée, il avait décroché son permis poids lourd, il s’était dit que ce boulot en valait un autre. Et, c’est vrai que, prendre la route, à l’instar du héros favori de sa jeunesse, l’avait aussi attiré. A ses débuts, il avait sillonné l’Europe. Trois semaines suffisaient pour traverser Suède, Norvège, Finlande. Il en avait vu des pays et découvert des coutumes. Mais, le temps avait fait son œuvre. Sal Paradise avait disparu au profit d’une saloperie d’Enfer.

Les autres ne comprenaient pas. Pour eux, il était tranquille dans son camion, à écouter du Phil Collins tout le jour, à bouffer de la choucroute dans des petits bistrots, à dormir sur des aires accueillantes, entouré par des arbres protecteurs. Quels foutus connards ! (…)

Souleymane est fatigué. Cette route qui n’en finit pas. Ces kilomètres qu’il parcourt, chaque jour, indéfiniment. L’enfer, ce n’est pas seulement les autres. L’enfer, ce sont ces milliers de kilomètres qu’il faut supporter, et qui reviennent, tels des rochers de Sisyphe. Il les avale jusqu’à la nausée. Sa bouche est sèche et sa bouteille d’eau puisée à un robinet d’une station-service n’étanchera pas sa soif, pas plus que sa nuit de sommeil ne lui permettra d’éteindre sa fatigue.

Il est épuisé. De tout. De sa fuite loin de la terre de ses ancêtres. Chaque pas l’a éloigné de leurs battements et il n’entend plus, désormais, leurs voix bienveillantes qui l’ont aidé, quand il avait peur. Même les chuchotements de sa maman se sont éteints. Noyés, comme la plupart de ses compagnons d’infortune, dans cette mer bleue peuplée de poissons multicolores, d’épaves anciennes et de cadavres noirs. Leurs squelettes blanchis, personne ne les verra et personne ne se souviendra que, dans la mort, les os des hommes sont de la même pâleur.

Ici, les gens ne comprennent pas. Ici, c’est leur pays. La terre de leurs ancêtres. Ils ne veulent pas voir ces hommes venus d’ailleurs fouler leur sol. Les gens pensent qu’ils sont un danger pour eux. Parce qu’ils fuient la guerre, la famine et les épidémies, ces gens pensent que Souleymane et les autres apportent, cachés au fond de leur sac décharné, la guerre, la famine et les épidémies.

Souleymane n’a même plus envie de pleurer. Il marche. Simplement, il marche. Parce qu’il sait que s’il s’arrête, il n’aura plus la force de repartir. (…) »

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