Le blog de Véronique

Des Livres et des Rêves

Lectures 2024

Cette année, je n’attendrai pas le 30 décembre pour publier mes chroniques !

Tout est classé par genres ! Bonne promenade au pays des livres !

 

Pratchett « Les zinzins d’Olive Oued ». 412 pages, pockett
Un monde décalé et décapant dans lequel on découvre par hasard la magie des images animées.
Voilà comment naît le cinéma à Olive Oued.
De la starlette incomprise aux trolls amoureux, du mage devenu acteur par erreur – mélange de Rhett Butler et de Douglas Fairbanks -, sans oublier l’ancien vendeur de saucisses devenu producteur !
On n’oublie pas la satire du spectateur sous l’emprise des écrans !
A la fois drôle et intelligent, ce roman est un pur chef d’œuvre du fantastique qui sera aimé par ceux qui détestent le fantastique ! C’est tout le génie de Pratchett.
Et vous savez quoi ? Je suis déjà plongée dans un nouveau roman des « Annales du Disque monde » !

 

« La tante qui ne voulait pas mourir » de Shirshendu Mukhopadhyay
Quelle magnifique surprise que ce roman sorti en 1993 au Bangladesh et devenu culte là-bas ! Il met en scène trois femmes, chacune d’une génération différente.
D’abord Somlata, dont la plus grande partie du récit adopte son point de vue. A 18 ans, issue d’une famille très pauvre, elle devient l’épouse d’un homme plus âgé, et de caste supérieure, qu’elle admire et qu’elle aime. Le couple vit dans une immense demeure avec les beaux-parents de Somlata, ses beaux-frères et belles sœurs. Personne ne travaille et l’argent est dilapidé.
Sa belle-mère fait très bon accueil à la jeune fille et lui conseille de mettre son mari au travail, car elle considère que tous les hommes de cette famille sont paresseux et dispendieux.
En revanche, la tante Pishima terrifie la jeune femme, et sa mort brutale n’arrange rien. Car c’est désormais son fantôme qui la hante, tantôt la conseillant, tantôt l’insultant. Il est vrai que la vieille dame a été très malheureuse de son vivant et qu’elle se venge parfois sur Somlata.
Enfin, on suit le point de vue de la fille de Somlata, Boshon, l’adolescente rebelle de la maison, qui rejette tous ses prétendants au mariage, car elle veut connaître le véritable amour et ne dépendre de personne.
Ce roman est une comédie mais c’est aussi le portrait de générations différentes de femmes du Bangladesh.
Les thèmes sont évoqués avec subtilité. Le mariage forcé de la tante à 7 ans et veuve à 12, puis contrainte de garder le veuvage à vie. L’obéissance à la famille. Les castes. Le refus de travailler. L’amour dans le couple. Les relations des femmes au sein d’une famille. L’évolution des mentalités.
Beaucoup de tendresse entre Somlata et son époux. Et une belle réflexion sur le couple.
J’ai vraiment aimé ce roman. A la fois intéressant et bien écrit. Souvent très tendre.

Juliette Pierce, « Nos âmes louves. Tome 1 : Dans le Noir » 395 pages Black Ink Editions
Véritable coup de cœur que le premier tome de cette duologie.
On suit Freya qui vit avec les siens : une meute de loups-garous. Pas des monstres affreux. Juste des loups magnifiques à la Twilight. Sauf que Freya est maudite : sa louve est fantômatique. Impossible pour elle de se métamorphoser. Ses amis et Caïn, son amoureux, fils d’un clan rival, l’ont toujours protégée et aimée.
Au début du roman, elle revient de voyage, suite à une grave dispute avec Caïn ( l’évocation de cette scène m’a fait haïr Caïn). Et elle apprend la mort de sa mère, l’alpha de la meute. Comment son clan acceptera t il de lui laisser le pouvoir, elle qui souffre tant d’être différente d’eux ? Et comment leurs ennemis réagiront ils ?
Mais, la mort s’abat sur les meutes. Les dieux ont été trahis. Par qui ? Comment vaincre cette malédiction ?
Et qui est ce loup solitaire, le sexy et provocateur Lev ?
J’ai aimé ce triangle amoureux. Et mon cœur balançait autant que celui de Freya. Hâte de voir comment les personnages vont évoluer.
Pas mal d’invraisemblances qui ne m’ont pas gênée. Parce que j’étais trop happée par l’histoire !
J’ai déjà débuté le tome 2 et mon petit cœur n’a pas fini de trembler
Et vous, aimez vous les histoires de loups-garous ? De triangles amoureux ? De quelle team faites vous partie ? Caïn ou Lev ?
Connaissez vous Juliette Pierce ? Quel est votre roman préféré ?

Juliette Pierce « Nos âmes louves ». TOME 2. Duologie Black Ink Edition
Coup de cœur
J’ai adoré ce tome 2 davantage encore que le 1 ! Il démarre sur les chapeaux de roue et whaouh ! Je ne m’y attendais pas. Quels bouleversements dans la vie de Freya !
La jeune femme part au Danemark avec ses amis afin de retrouver les perles d’Odin et éviter le retour du cruel et rusé Loki. Le Ragnarök est sur le point d’arriver, détruisant tout sur la terre.
Mais, il faut compter aussi sur la déesse de la Mort et ses secrets. L’ex complètement folle de Lev. La haine de Joachim.
Beaucoup de suspense et d’actions ! Beaucoup d’émotions aussi. Je ne peux en dire plus pour ne pas spoiler.
Une excellente surprise que je recommande. Si vous aimez la romance. La mythologie nordique. Les guerres entre loups garous.

SHAY K.CARROT « Mon invulnérable tueur » 472 pages Butterfly Editions
🙏🙏🙏Je remercie audible qui, dans le cadre de l’abonnement, nous propose d’écouter des titres gratuits. C’est ainsi que j’ai pu découvrir de formidables sagas comme « les Royaumes immobiles » d’Ariel Holzl ou ma merveilleuse « Rebecca Kean » de Cassandra O’Donnell.
Cette fois, j’ai découvert une nouvelle guerrière courageuse et sensible Elyna.

😍😍😍😍 Combien elle semble dure et naïve au départ. Son courage apparaît au fil du roman et elle est plus qu’héroïque sur le dernier tiers.
Je la trouve bien trop fragile face aux exigences de Marouane et, même si c’est de la Dark Romance, je regrette qu’elle soit aussi soumise. Je n’ai quasiment jamais lu ce genre et je suis surprise de voir son féminisme disparaître face à l’alpha.

👎J’ai quelques bémols.

👀Les répétitions au niveau du vocabulaire en particulier dans les descriptions ( mission / portrait de Marouane).

🤚Marouane m’a énormément déçue dans le dernier tiers. Je comprends sa colère, mais ses paroles et ses actes m’ont vraiment mise en colère. Et que dire de certains individus de sa troupe !
Et il peut embrasser les pieds d’Elyna car sans elle… C’est elle la véritable héroïne de ce roman.

😍😍😍 J’ai adoré l’imagination fertile de l’autrice. Et ce rythme haletant dans le dernier tiers.
Moi qui n’aime pas les dystopies, eh bien, j’ai apprécié !

Et vous, l’avez-vous lu ? Avez-vous aimé ?

Lila Collins  « Devious Stepbrothers »  Butterfly Editions – 426 pages

Un grand merci aux Editions Butterfly et à Babelio pour ce roman reçu dans le cadre des « Masses Critiques » car je l’ai adoré !

J’avoue que la couverture et le titre m’avaient laissée perplexe. Je m’attendais à une romance et, je l’avoue, j’aime beaucoup en lire. J’assume totalement mon côté fan de Lecture « fleur bleue », tendance midinette, surtout après avoir tremblé avec un thriller bien sanglant ! J’ai d’ailleurs hyper kiffé les romans type Harlequin et là encore, j’assume complètement ! D’ailleurs, on ne va pas se mentir : les chroniques de Bridgerton et autres sagas romanesques à succès en ce moment sont totalement dans cette mouvance.

J’ai découvert que le « stepbrother » était un topos très à la mode et qu’il existait des centaines de romans traitant de ce sujet : « Romance et Relations entre demi-frère et demi-sœur ». Bref, une relation sulfureuse, flirtant à la limite de l’interdit moral, mais qui n’a rien d’incestueux, puisqu’il n’y a aucun lien sanguin entre le « frère » et la « sœur ». Et d’après les résumés, il s’agit d’un remariage avec des jeunes gens déjà lycéens, voire étudiants. Je me suis dit que le roman serait vite lu et qu’à mon âge, il m’intéresserait peu.

Eh bien non ! Je l’ai adoré et si je l’ai vite lu, c’est parce que je l’ai dévoré ! J’ai d’abord trouvé Nate imbuvable : l’étudiant footballeur riche, qui dénigre son père qui ne pense qu’à « faire du fric », mais qui est bien content d’en profiter. Qui a de mauvaises fréquentations, se moque des plus faibles. Inversement, j’ai tout de suite apprécié Willow pour sa sensibilité, son intelligence et sa maturité. Leurs parents ont décidé de se remettre en couple deux ans après leur séparation. Les deux jeunes gens se détestent, mais leurs parents semblent parfaitement inconscients de leur haine.

La préface commence par une définition du mot « consentement » : « Action de donner son accord à une action, un projet. De manière négative, il faut entendre l’absence de consentement comme le fait de refuser une proposition, voire de ne pas donner son accord…ou de ne pas répondre en restant muet(te). ». A travers cette romance, c’est bien le consentement le cœur du sujet. Il montre avec beaucoup de nuances et de forces en même temps à quel point deux jeunes gens qui s’aiment peuvent se détruire, quand ils ne savent pas communiquer sur l’essentiel.

Willow est détruite, et Nate l’est tout autant. On voit à quel point il se hait pour ce qu’il a fait, à quel point il cherche à se détruire pour se punir. Le choix de l’auteur est très judicieux, car elle ne tombe pas dans le manichéisme. Cela étant, j’ai quand même trouvé Nate un peu trop pleurnichard quand même, à l’opposé de Willow d’un courage incroyable. J’étais, en tant que lectrice, plus proche du point de vue d’Aria, sa meilleure amie.

Une autre intrigue se noue, car Nate a lui aussi été la victime d’un abus et là encore, il est incroyable de voir à quel point les parents sont aveugles ! D’ailleurs, heureusement que la grand-mère de Nate est là ! Adorable et dynamique femme au grand cœur ! Combien j’ai adoré sa tirade à la fin du livre !

Pour terminer, non seulement c’est traité avec intelligence et subtilité, mais l’écriture est vraiment belle. Nerveuse, dynamique et bien écrite. Avec de jolies figures de style !

Je recommande vivement !!!!

Sagas : sans fantastique !Et on est bien d’accord, on a des romances aussi juste au-dessus !

Alexiane Thill « Les MacCoy.  Tome 3 : la louve et le glaive » 683 pages Hugo Poche

J’avais adoré les deux premiers tomes de cette saga écossaise qui se déroule de nos jours, avec cependant quelques flash-back dans les années 80.

Ils permettaient de découvrir Caleb MacCoy, le Laird de son clan, qui tentait de protéger les siens de leurs redoutables ennemis. Au point d’avoir conclu des alliances qui lui répugnaient.

L’arrivée de Phèdre, héritière de son clan, jadis allié puis devenu ennemi, avait tout bouleversé.

Secrets révélés. Nouvelles alliances. Complots et trahisons avaient rabattu les cartes.

Voici que revient Elizabeth, la jeune sœur de Caleb. Celle qu’on surnomme La Louve. Celle qui veut reprendre sa place au sein du clan. Prête pour cela à braver les ordres de son frère. Prête à mettre son cœur en péril puisqu’elle va retrouver Duncan, le bras droit de Caleb. Celui qui fut son ami durant leur tumultueuse enfance. Celui qui devint son premier amour.

Comment Elizabeth parviendra-t-elle à surmonter les dangers qui menacent son cœur, sa vie et celle des siens ?

Un roman toujours aussi passionnant et addictif. Les scènes d’actions sont tellement vivantes qu’on se retrouve plongé au cœur de l’Ecosse !

On récapitule:

Un thriller addictif ! Aux limites du fantastique !
John Connolly « La proie des ombres ». Pocket 570 pages
📚Le docteur Clay, pédopsychiatre, a disparu depuis 5 ans. Après une carrière irréprochable, les doutes se sont installés. Pourquoi les enfants qu’il soignait pour des abus ont-ils été à nouveau agressés ?
C’est la fille du Dr Clay, Rebecca, agent immobilier et jeune maman fraîchement divorcée, qui fait appel au détective Charlie Parker. Un inconnu la harcèle.
Je découvre Charlie Parker et hélas, en commençant par ce tome, j’ai découvert beaucoup sur le passé trouble du détective. Sur ses fêlures. Ses vengeances.
Tant pis ! J’ai carrément craqué pour lui😍😍. Et cela n’a en rien dérangé ma lecture.
Pas de manichéisme chez Connolly. Le harceleur, tueur professionnel sans le moindre état d’âme, devrait nous faire horreur. Pourtant, comme Parker, on ne peut qu’éprouver de la compassion pour ce père qui fera tout pour retrouver sa petite fille.
Un roman noir. Sans aucun temps mort. Les descriptions des lieux, des personnages permettent de créer une atmosphère déroutante. Mi polar, mi thriller. Avec un soupçon de surnaturel comme chez Stephen King ou Cédric Sire. 😍😍😍😍
Malgré la noirceur du sujet, beaucoup de pudeur.
Absolument passionnant. Je n’ai pas pu le lâcher. Et je sais déjà que je lirai les autres aventures de Parker. Et cette fois, je débuterai par le premier 😉

Claire Norton, « Celle que je suis » Robert Laffont – 425 pages.

C’est le premier roman de Claire Norton que je lis et je l’ai vraiment apprécié. Je me suis tout de suite attachée à Valentine et à son fils Nathan. J’ai tremblé pour eux.  J’avais juste envie de les voir échapper à ce mari, ce père, qui leur fait vivre un enfer.

Je l’avoue : comme beaucoup, j’ai souvent tendance à me dire : mais pourquoi une femme battue reste-telle ? Valentine nous répond très vite : « Quand j’entends autour de moi :  » si elles restent, c’est qu’elles aiment ça ! « , je suis dévastée. Non, je ne prends aucun plaisir à recevoir des coups. Ni à être humiliée. Qui serait assez pitoyable pour souhaiter être traitée comme ça ? Les gens ignorent l’épaisseur des barreaux qui nous retiennent. Ces barreaux virtuels, bien plus solides que ceux qui ornent les fenêtres des prisons : Ceux de la terreur, qui encerclent notre quotidien….».

Parce qu’elle a un passé, une souffrance enfouie, qu’elle est déjà en partie détruite, quand elle rencontre celui qui deviendra son bourreau. Parce que jamais elle n’a pensé que ce jeune homme agréable, intelligent, plein d’humour, deviendrait un monstre. Parce qu’un monstre peut se cacher derrière un visage souriant, avenant. Derrière un mari amoureux, possessif, prévenant. Qu’il devient étouffant. Que l’air qu’elle respire de plus en plus difficilement, c’est à lui qu’elle le doit, parce qu’il a étouffé autour d’elle tous ceux qui auraient pu l’aider. Parce qu’elle subit cela pour épargner son fils. Pour le garder près d’elle, pour le protéger. Parce qu’elle sait qu’il est l’objet du chantage pour lui. Celui qui morflera si elle résiste.

Des reproches, j’en fais à l’auteure : une trame trop visible. On sait immédiatement ce qui va arriver à Flocon. On ne comprend pas le post-it oublié, perdu : ça parait tellement illogique, compte-tenu de toutes les précautions de Valentine, qu’elle puisse le perdre. Quant au secret des voisins, il est tellement évident, tellement prévisible. J’aurais espéré plus de réalisme aussi sur cette partie du roman. Et que dire de la fin ? On s’en réjouit, on est content. Mais, c’est si peu réaliste hélas.

Cela reste un roman salutaire. Fort. Nécessaire. Et j’en conseille vivement la lecture. Avec un gros coup de cœur sur les écrits de Valentine qui s’adresse aux autres femmes victimes de violences.

Tracy Chevalier, « Le Nouveau » Phébus, 219 pages

Beaucoup connaissent Tracy Chevalier pour ses succès autour de portraits de femmes « La Brodeuse de Winchester » ou encore « La Dame à la Licorne » inspirée par la célèbre tapisserie. L’un de ses romans fut même porté au cinéma : « La Jeune Fille à la perle », film avec Colin Firth et Scarlett Johansson, qui obtint trois nominations aux Oscars du cinéma de 2004.

Or, je ne l’avais jamais lue ! Mon choix s’est porté sur « Le Nouveau » paru aux Editions Phébus dont j’avais lu des critiques assez négatives. Est-ce parce que je découvrais l’autrice ? En tout cas, ce fut un réel coup de cœur !

J’ai adoré l’idée de départ : la réécriture de la célèbre pièce de Shakespeare « « Othello » parue en 1604. Sauf que Tracy Chevalier a situé l’action à Washington dans les années 70 ! Elle a respecté l’unité de temps et de lieu : puisque tout le roman se situe à l’école et en une seule journée. Et le roman comporte cinq chapitres comme une tragédie comporte cinq actes. Beaucoup de lecteurs ont trouvé l’idée capillotractée : je l’ai trouvée extrêmement intelligente.

Chaque personnage de la pièce se reconnaît facilement :   Osei (Othello), fils d’un diplomate ghanéen, découvre une nouvelle école pour la quatrième fois en 6 ans. Autant dire qu’il connaît les erreurs à ne pas commettre. Surtout qu’il est le seul enfant noir dans une école de blancs et que le racisme -autant celui de certains élèves que de certains professeurs- bat son plein. Aussi sait il comment se fondre dans le décor, se faire oublier pour éviter les ennuis.

Car la cour de récréation est une arène ! Les plus grands imposent leurs lois aux plus petits et les plus retords ou les plus costauds aux plus faibles. C’est aussi l’époque des premiers émois. Osei est accueilli par Dee (Desdémone), la fille la plus populaire de sa classe, entraînant la surprise, le mépris, la curiosité, la jalousie, voire la haine de voir une petite blanche sortir avec l’Etranger. Dès lors, tout se met en place pour que naisse la tragédie.

Parmi les critiques, beaucoup reprochent le manque d’émotions, j’ai ressenti précisément le contraire. J’ai été très émue par Dee, Osei, et même par Ian, alias Iago. On a reproché aussi un manque de crédibilité parce que les enfants sont trop matures. Dès lors qu’on accepte ce postulat, je ne vois pas où se situe le problème. Certes, Ian est extrêmement calculateur, mais ce qui l’emporte selon moi, c’est son ambiguïté : à la fois jaloux, haineux, calculateur ; mais aussi souffrant de sa solitude et de l’éducation familiale qu’on comprend extrêmement violente. Il représente bien le fruit de son éducation.

L’écriture est belle, la tension va crescendo et pour moi, ce roman est un coup de cœur que je recommande !

Interview de l’autrice 

Dimitri Rouchon-Borie, « Le chien des étoiles » Le Tripode   237 pages

J’avais adoré « La colline aux loups » qui avait été un énorme coup de cœur en 2022. J’avais écrit : « Ce roman est un coup de maître ! Comment est-il possible de décrire le sordide, l’horreur absolue et être capable d’écrire une œuvre à l’écriture puissante, majestueuse, et de toute beauté ? A la fois violent et poétique. Le tout sans utiliser la moindre virgule, ce qui le place directement dans l’étrange catégorie de l’écriture expérimentale ! Torrent de mots pour évoquer un torrent de maux. ». Le roman a d’ailleurs obtenu une vingtaine de prix littéraires !

On suit Gio, un jeune gitan, qui a perdu une partie de son esprit suite à un coup de tournevis. Perdu ? Pas vraiment ? Il a gagné une sensibilité, une magie qui lui permet de voir ce que peu de gens devinent. La beauté de la nuit. L’appel des chouettes. La grandeur de ses amis Papillon et Dolores. De s’envoler vers les étoiles. Mais, sur terre, pas d’étoiles. Seulement un petit garçon perdu par la violence des hommes. Une jeune fille qui ne connaît que la brutalité des corps. Gio va leur promettre de les sauver. Et leur voyage va débuter…

« Le Chien des Etoiles » est absolument éblouissant ! Alors, il peut déplaire. Un style parfois âpre. Des ellipses narratives que j’ai lues « incompréhensives » pour certains lecteurs. Des « clichés » selon d’autres. Je suis en total désaccord avec ces avis négatifs. Les ellipses sont un choix audacieux et brillant, car elles nous laissent imaginer ce qui a pu être ou ce qui aurait pu être. La plume est poétique et c’est le « non-dit » qui devient « politique ».

Les émotions sont omniprésentes. Tout en étant à peine évoquées. Je dirai qu’on traverse le récit comme l’oiseau vers les astres. Et qu’on cueille la force et la beauté du texte en passant.

C’est à la fois terrible sur le fond et d’une grande profondeur et d’une légèreté d’écriture incroyable. Décrire plus ou tout raconter aurait été dénaturer complètement ce roman. Je trouve une immense intelligence dans la construction du texte, une réelle pensée d’artiste qui a pensé son texte et je trouve ça tellement rare dans la littérature d’aujourd’hui.

C’est un immense coup de cœur et je vous invite vraiment à partir en voyage vers les étoiles avec l’inoubliable Gio.

Salman Rushdie, «  »La Cité de la Victoire » 336 pages – Actes sud

Roman ? Conte ? Epopée ? Fable ? Traité de tolérance ?

Ce livre est tout à la fois ! Il est passionnant à lire, même s’il m’a fallu deux semaines pour y parvenir. D’une part parce que j’avais d’autres lectures en cours, d’autre part, parce que ce n’est pas un roman que l’on dévore !

J’ai aimé prendre mon temps pour m’imprégner des différentes vies de l’héroïne Pampa Kampana.

Imaginez que cette fillette, qui a vu sa mère s’immoler avec d’autres femmes, a été habitée par l’esprit d’une déesse ce qui lui confère une vie extrêmement longue, une jeunesse quasi éternelle et certains pouvoirs : de donner vie à une cité, de parler à des animaux, de chuchoter aux oreilles des rois ou du peuple de sa ville afin de les influencer de sa ville…

Pourtant, sa longue vie ne sera pas de tout repos, car il lui faut faire face aux complots, aux trahisons, aux jalousies, aux guerres, aux aigris, aux intolérants.

Elle aimera beaucoup et souffrira également.

L’auteur présente son roman comme la traduction d’une épopée antique, pourtant, comme l’écrit l’éditeur : « cette saga au confluent de l’amour, de l’aventure et du mythe atteste du pouvoir infini des mots ».

Un très beau roman !

Mathias Malzieu  » Le plus petit baiser jamais recensé ». Flammarion. 157 pages

J’avais lu tellement de critiques élogieuses que j’en attendais beaucoup. J’ai été déçue. Je l’ai trouvé ennuyeux.

Pourtant, j’aime les univers oniriques, surréalistes et poétiques. Mais là, non.
Un inventeur qui cherche une fille devenue invisible après un baiser très rapide. L’idée est sûrement originale, mais ça ne m’a pas convaincue.
J’ai trouvé que le perroquet, le détective et certaines inventions étaient bien trouvés. Mais les idées pas assez exploitées.

Ce qui m’a gênée, c’est la comparaison que j’ai faite inconsciemment avec « L’écume des jours » de Boris Vian. Et évidemment impossible de dépasser ce merveilleux roman.

De jolies expressions, mais elles s’accumulent. Et ça m’a paru superficiel.

Première déception cette année

CHRISTIAN BOBIN « L’épuisement ». Le temps qu’il fait éditions

J’aime beaucoup l’écriture épurée, ciselée, poétique de Christian Bobin.
C’est un auteur qu’on lit lentement pour en savourer chaque phrase, chaque pensée.
Je lui ferai un « reproche » sur son refus de lire Baudelaire qu’il juge trop empreint de religion, même si c’est pour s’y opposer. Quel dommage !
J’aime ses aveux distillés avec pudeur au détour d’une page.
Je vous ai déposé quelques phrases que j’ai aimées.

 

 

 

 

 

 

 

« le Journal intime de Nina Simone » de Marianne Vourch aux Éditions Villanelle.

Marianne Vourch est une passionnée de musique classique et elle y a consacré l’essentiel de son parcours professionnel. Elle a créé et animé des concerts mensuels à Paris à destination des familles et des enfants. Est également conférencière et a créé les Editions Villanelle.
En 2020, elle a créé pour France Musique une série de podcasts parmi lesquels la collection « Le Journal intime de. ».
Ce livre a donc aussi été un podcast lu par Claudia Tagbo. Et j’aurai plaisir à l’écouter.
Je vous recommande toutefois l’ouvrage, car il est aussi illustré de très belles photos de Nina Simone tout au long de sa vie. J’ai aimé découvrir le parcours de cette petite fille surdouée qui adorait jouer Bach et Beethoven, qui se rêvait première pianiste classique noire, et qui devint cette immense chanteuse. On découvre aussi son engagement politique.
J’ai beaucoup aimé la citation : « Je vais vous dire ce qu’est la liberté pour moi : ne pas avoir peur. »
Un vrai coup de cœur pour ce livre et je lirai les autres ouvrages de cette belle collection.

Julien Sandrel, « Merci, Grazie, Thank You », Calmann Lévy, 359 pages

Voilà pourquoi j’aime participer à un défi lecture ! Je devais lire un livre dont le titre contenait une formule de politesse.  Parmi les titres proposés en exemples par les administratrices, figurait ce titre. Or, depuis un an, j’ai décidé de lire les auteurs dont on parle beaucoup. Je l’ai commencé avec une idée préconçue : qu’il n’allait pas beaucoup me plaire. Sans doute influencée par ma déception récente avec le roman de Mathias Malzieu. Or, c’est tout le contraire ! J’ai adoré ce roman que j’ai dévoré sur une journée !

L’idée en est simple : une octogénaire, gagnante à la loterie d’une énorme somme d’argent, décide de retrouver ceux qui, dans le passé, l’ont aidée, elle ou sa famille. Les rencontres sont émouvantes et surtout, mine de rien, permettent à l’auteur de revenir sur des points importants : l’accueil des Italiens venus travailler en France et la tragédie survenue le 17 août 1893, dans les marais salants d’Aigues-Mortes. Le sort des migrants à Ellis Island. Le manque de libertés des femmes en France, ne serait-ce que pour ouvrir un compte bancaire ! Et d’autres sujets plus actuels que je ne citerai pas pour ne pas spoiler les lecteurs.

Des sujets graves abordés avec fantaisie et sérieux. C’est un sacré talent de romancier qu’il faut pour y parvenir !

Ce roman m’a fait rire un peu, sourire quasiment du début à la fin. Car les personnages sont assez farfelus et drôles. Certaines situations cocasses. Et j’ai adoré Gina et son amie Olga ! Sans oublier Chloé !

Enfin, à titre personnel, il a étrangement résonné en moi, puisque le roman se déroule en juillet 2018, date à laquelle j’étais opérée d’un cancer. Et tandis que Gina et Olga déambulaient dans la « grande pomme », je resongeais à ma renaissance forcée après mon opération. J’ai aimé les promenades à New York et retrouver des lieux que j’y avais aimés en 1989. Ce roman a donc fait resurgir en moi deux périodes de ma vie très différentes : l’une des plus dures et l’une des plus belles. Me faisant comme Gina voyager dans le passé.

Incroyable comme un livre peut avoir plusieurs lectures ! En tout cas, je le recommande vivement à qui veut passer un très bon moment !

Nick Hornby, « Un mariage en 10 actes » 175 pages La Cosmopolite Stock
Le titre fait penser à une pièce de théâtre et on n’a aucune difficulté à imaginer ce roman interprété sur scène. Quasiment un huis-clos et pratiquement toutes les scènes dans un pub londonien situé en face du bureau d’une conseillère conjugale. Là, des couples se croisent, qui attendent leur rendez-vous ou en sortent. Le roman est découpé en 10 actes et chacun d’eux met en scène deux quadragénaires : Louise une gérontologue et Tom un critique musicien au chômage. Leur couple a pris l’eau depuis que Louise a trompé Tom. D’où leur décision de consulter. Très vite, on comprend que la vraie thérapie se déroule dans le pub ! Autour d’un verre – ou deux – Tom et Louise n’esquivent aucun sujet (le mariage, le sexe, les enfants, la politique, le Brexit, le politiquement correct…) et rejouent en dix actes leur vie conjugale, faisant apparaître, avec humour et vivacité, les fissures de leur relation. Des dialogues incisifs, drôles à la Woody Allen. Ainsi, le désamour est comparé à la fièvre Ebola, le mariage à un ordinateur en pièces détachées, la relation sexuelle au pendule de Newton !